A PROPOS

Je suis né l’avant-veille de Noël 1960.
Lorsque l’on me demande quand et où j’ai rencontré le Seigneur, je réponds qu’il n’y a ni date ni lieu. Sa présence m’habite depuis toujours, comme une évidence. C’est une foi simple, profonde, silencieuse, une conviction intime qui ne m’a jamais quitté.
Depuis l’enfance, une phrase me revient souvent :
« Je vais jouer dans la cour du Bon Dieu. »
Elle m’a toujours accompagnée.

Le Christ a toujours été vivant en moi depuis ma plus tendre enfance. Sa présence se
manifeste dans mes moments d’errance, d’abandon, d’absence à moi-même, dans le silence aussi. Cette intériorité a engendré des difficultés profondes tant sur le plan scolaire que relationnel ainsi qu’une incapacité à me concentrer… comme si déjà, « je jouais dans la cour du Bon Dieu. »

Je n’ai jamais douté de ma foi,  cependant rencontrer  le Christ dans le christianisme m’a longtemps été difficile. La vie des hommes, même empreinte de religieux, reste la vie des hommes, avec ses paradoxes ses contradictions et ses limites (que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre). En revanche le Christ reste mon ancrage. 

J’ai appris à reconnaitre les manifestations de Dieu et la beauté des choses, en
m’abandonnant à la réception de cette grâce.  Par contraste, je prends conscience de toute la souffrance que nous créons sur notre si belle planète, et je salue le divin qui sommeille au fond de chacun de nous.
À l’âge de vingt ans, j’ai ressenti un appel qui m’a plongé dans une profonde confusion — un appel que je n’étais pas prêt a accueillir psychologiquement. J’ai alors tenté d’avancer sur le chemin de la vie en laissant le Seigneur en marge. Mon existence s’est nourrie de création, j’ai vécu de, par et pour l’art. Ce qui m’a permis de traverser mes difficultés à être au monde. Il a été mon refuge, mon passage, mon unique issue. Je me suis façonné un îlot, fragile mais nécessaire, pour continuer à vivre.
Aujourd’hui, je me tiens à un tournant de mon existence. Fort de ce long chemin artistique et intérieur, je ressens un
appel de plus en plus clair : celui de partager ma foi à travers la musique, le chant et la sculpture.

Joindre les mains c’est bien, les ouvrir à son prochain c’est aussi bien, ainsi mon travail devient une offrande, une forme de prière vivante, enracinée dans une quête de Dieu et d’unité intérieure.
Je ressens profondément le besoin de transmettre, de me donner à travers ce que je reçois.
J’ai commencé à sculpter le bois à l’adolescence. Très tôt, ce geste s’est imposé comme un ancrage, une manière d’habiter le monde avec mes mains autant qu’avec mon âme. Dans le travail du bois, le corps s’engage pleinement. Je dépose mes instruments de musique pour devenir simplement, « un ouvrier de Dieu ». Alors, l’esprit s’ouvre, et quelque chose de plus intime se révèle.


Avec les années, mes gestes se sont épurés, mes disciplines artistiques se nourrissent les unes des autres, je ne cherche pas à évangéliser, à convertir ou à convaincre mais seulement à partager concrètement cette dimension spirituelle, cette verticalité absente dans notre monde matérialiste basé sur son horizontalité (à la verticalité est Dieu à l’horizontalité est le monde et à l’axe de cette croix se trouve le Christ).

Puissions nous nous retrouver unis, au delà nos dogmes et nos croyances. Je rêve d’un jour ou nous serons tous frères et sœurs, priant ensemble mains dans la main.
N’y a t’ il pas en chacun de nous, un espace qu’aucun bruit ne peut atteindre, un lieu où nous pouvons reconnaitre Dieu sans le nommer (mémoire d’un vécu suspendu dans l’univers, étranger à nos corps temporels et limités, mais capable d’accéder à une perception qui dépasse sa propre  réalité).